Acception juridique du terme « Al-haid »
Acception juridique du terme
« Al-haid » désignant les menstrues.
Les juristes musulmans définissent
« al-haid » (les menstrues) comme suit : «
«El haid» consiste en l'élimination périodique de sang par le vagin chez la jeune fille ou la femme pubère et en bonne santé. Cet événement n'est autre que l'élimination périodique du sang utérin, pour autant que la personne ne soit ni enceinte, ni malade, et qu'elle n'ait pas atteint 'âge de la ménopause».
Analyse de cette définition juridique
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Elimination périodique : La périodicité des règles (ou menstrues) est une condition fondamentale émise par les juristes musulmans. Il faut que ce sang soit la conséquence normale de l'activité cyclique qui caractérise le système génital de la femme, pour qu'il soit considéré comme des menstrues. C'est pourquoi il est important pour la femme de connaître la durée habituelle de sa période de règles, ainsi que le début de cette période, pour savoir si le sang qui s'écoule est bien du sang de règles, marquant la fin de son cycle menstruel.
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limination par le vagin : Le sang menstruel provient de l'utérus, et s'écoule par le vagin, lieu du rapport sexuel. Du sang qui s'écoulerait d'un autre endroit que le vagin ne pourrait être considéré comme étant du sang de règles. De même, du sang s'écoulant du vagin, mais ne provenant pas de l'utérus, comme par exemple le sang de la défloration, ne pourrait en aucun cas être confondu avec du sang de règles.
Jeune fille ou femme pubère : Les juristes musulmans considèrent les menstrues comme étant une indication majeure de la puberté de la fille ; l'arrivée des règles est considérée comme l'aboutissement du processus de transformation de la fillette en jeune fille.
Ni enceinte : la règle générale adoptée par les juristes est que la femme enceinte voit un arrêt des menstrues. Il y a toutefois des exceptions qui seront développées plus loin.
Ni malade : Lorsqu'une femme voit s'écouler du sang, en provenance de l'utérus, en dehors de sa période de règles, les savants de l'Islam considèrent que c'est un signe de maladie (infection, hémorragie), qui ne s'inscrit pas dans le cours normal du cycle menstruel de La femme. Il ne s'agit pas de sang de « haid » mais de « istihada » (sang menstruiforme). De même, pour l'école malékite, tout écoulement de sang en dehors de la période des règles, du à la prise de médicaments, ne peut être considéré comme du sang de règles. Nous réserverons la deuxième partie de cet ouvrage a l'étude de 1istihada.
Qu'elle n'ait pas atteint l'âge de la ménopause : La ménopause, appelée «al-iyass », consiste en l'interruption définitive des menstrues. C'est la fin de la fécondité de la femme, et la fin de la fonction des ovaires comme producteurs d'ovules. L'école juridique hanafite fixe cette limite d'âge à 50 ans ; mais si, avant l'âge de 55 ans, la femme voit revenir du sang qui a les caractéristiques du sang des menstrues qui étaient les siennes, c'est encore considéré comme des menstrues.
L'école juridique hanbalite fixe la limite d'âge à 50 ans, mais prévoit une limite maximale à 60 ans. L'opinion commune de ces juristes est qu'une femme peut être réglée jusqu'à 50 ans, toutefois.
L'école juridique chafi'ite conseille à la femme de prendre en considération les autres femmes de sa famille, pour déterminer l'âge de la ménopause. Ils ont par ailleurs fixé à 62 ans la limite maximale des menstrues.
Lécole juridique malékite considère que les menstrues peuvent persister la femme jusqu'à l'âge de 50 ans ; si les menstrues persistent après cette limite d'âge, ces juristes conseillent à la femme de consulter des femmes expérimentées, ou une doctoresse honnête et qualifiée.
En résumé, nous pouvons constater que l'opinion des juristes malékites est la plus fondée médicalement : en effet, entre les cycles menstruels normaux et leur arrêt définitif, il y a une période de transition qui, selon la médecine, peut durer jusqu'à un an ou deux. De plus les médecins admettent que l'âge de la ménopause peut être de 52 voire même 55 ans, cela varie donc selon les femmes.
Durant la période de transition, avant l'arrêt définitif des menstrues, les cycles peuvent être perturbés : la femme doit alors être attentive à la date de survenue de
lécoulement menstruel. Si leur irrégularité se confirme, l'avis d'un médecin (ou de préférence d'une doctoresse) honnête et compétent est conseillé. Il ne faut pas, en effet, perdre de vue que l'intérêt porté, en Islam, aux menstrues, a une portée cultuelle.